LA VALEUR – Numéro 14: Le dernier salon de l’auto glacial de Détroit

Bienvenue au Canadian Black Book – La valeur. Notre objectif est de fournir à nos clients et à nos partenaires des nouvelles, une mise à jour des événements, de nouvelles initiatives et l’opinion de la source de confiance du Canada pour les valeurs des véhicules et les perspectives automobiles. Vous trouverez ce qui suit dans ce numéro :

____________________________________________________________________________
Des jours plus chauds s’annoncent pour 2020
Par: Brian Murphy

Cette année, le Salon international de l’auto d’Amérique du Nord (NAIAS) a été, à bien des égards très différent, tout en demeurant un événement marquant. Le célèbre Salon de l’auto est un événement annuel depuis 112 ans, dont la première édition a eu lieu en 1907. À l’exception d’une pause pendant la Seconde Guerre mondiale,  le salon est présenté chaque année à Detroit.

À partir de la fin des années 1980, le salon s’est hissé à l’échelle internationale pour devenir l’un des plus importants salons mondiaux de l’automobile. J’ai commencé à y assister régulièrement à peu près à la même époque, et je n’en ai manqué que quelques-uns depuis 30 ans.

Par contre, dernièrement, la vie a été un peu plus difficile pour le NAIAS. D’autres salons nord-américains, en particulier ceux de Los Angeles et de New York, ont pris de l’importance et la mondialisation croissante de l’industrie a fait en sorte que les événements de lancement à des salons asiatiques ou européens conviennent mieux à de nombreux véhicules ou marques.

L’événement de 2019 clôt un chapitre du salon de Detroit, dans le but d’en lancer un nouveau qui s’inscrit dans la longue vie du salon. Le NAIAS aura dorénavant lieu la semaine du 8 juin pour  le salon de 2020, marquant la fin de la série glaciale mais réussie des événements de janvier.

Pour certains, ce n’est peut-être pas une grande nouvelle, mais c’en est une. La plupart des constructeurs automobiles planifient leurs lancements et, par conséquent, leur calendrier de développement de produits en fonction du calendrier du salon. Pour beaucoup, le salon de Detroit est le jour « X » dans la chronologie de lancement du véhicule, celui où un nouveau produit et ses détails sont partagés avec les médias et le public. En règle générale, cette planification a lieu des années à l’avance.

Alors, pourquoi cette grande évolution? Le salon est en déclin depuis quelques années, et à l’image de Detroit, il tente de se réinventer d’urgence. Avant la crise financière et le salon de 2009 qui s’en est suivi immédiatement, les constructeurs automobiles dans l’ensemble n’auraient jamais imaginé manquer le salon de Detroit. Pourtant, cette année-là, la barrière s’est ouverte,  Nissan et Mitsubishi n’y étaient pas, détruisant ainsi l’illusion que chaque marque se devait d’être présente à ce salon. Depuis lors, plusieurs marques ont sélectivement manqué l’événement. En 2019, elles sont restées à l’écart en nombre record : Audi, BMW, MINI, Mercedes-Benz, Mazda, Mitsubishi, Volvo, Porsche et Jaguar-Land Rover n’étaient pas présents. Il en a résulté tellement d’espace de libre, qu’on a installé un salon automobile intérieur de voitures de performance pour distraire les participants des marques absentes.

Les fabricants vous diront que ce n’est pas la peine de participer si vous n’avez pas de produit important à lancer dans le monde. Le coût de la participation, de la construction et du personnel d’un kiosque représente des millions de dollars. Par le passé, le problème opposé existait, il n’y avait jamais assez de place. Les marques devaient utiliser une partie du sous-sol de Cobo Hall ou un petit kiosque dans le hall.

Le transfert au mois de juin a pour but de permettre la tenue d’événements en plein air dans une atmosphère plus festive, et je crois qu’il s’agit d’un événement plus invitant pour les journalistes étrangers et pour le public. Après tout, visiter le Michigan au cœur de l’hiver n’a jamais été un plaisir pour personne. Si je me souviens bien, au fil des ans, certains de mes voyages au salon de Detroit ont été les pires de ma vie. Le temps orageux et les routes verglacées en ont fait des voyages périlleux qui ne me manqueront pas.

Sur le plan temporel, il y aura quelques problèmes à résoudre pour que les constructeurs automobiles passent aux dates estivales. Cette année, au Salon 2019, les fabricants ont surtout présenté des produits de l’année modèle 2020 qui seront mis en vente à un moment donné plus tard cette année. Lorsque le salon aura lieu au mois de juin, à partir de 2020, les fabricants devront probablement présenter des produits 2022 qui pourraient ne pas être mis en vente avant près d’un an. La solution consisterait pour les fabricants à modifier le début et la fin des années-modèles, ce qui prendrait un certain temps et pourrait ne pas être réalisable dans de nombreux cas. Il y aura certainement une période d’adaptation, si l’on veut que  le salon retrouve un peu sa raison d’être dans l’industrie automobile mondiale.

J’applaudis ce changement, et ce n’est pas seulement pour le beau temps. Sans effort particulier pour réinventer  le salon, je crois qu’il poursuivrait son déclin. Les équipementiers et leurs firmes de relations publiques sont également aux prises avec la pertinence des salons par rapport à d’autres médias et à d’autres événements expérientiels. L’émission est axée sur le changement et, au fil des ans, il est intéressant de voir comment les messages et la façon dont ils sont transmis ont évolué. Je suis convaincu que la volonté d’innover et de s’adapter est présente tant chez les fabricants que chez les organisateurs du salon. Ce sera excitant de visiter le premier salon estival dans 18 mois. Cette réinvention devrait lui donner un nouveau souffle, jusqu’à ce qu’on doive à nouveau la réinventer dans 112 ans.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *