LA VALEUR – Numéro 10: Nous vivons en des temps électriques

Bienvenue au Canadian Black Book – La valeur. Notre objectif est de fournir à nos clients et à nos partenaires des nouvelles, une mise à jour des événements, de nouvelles initiatives et l’opinion de la source de confiance du Canada pour les valeurs des véhicules et les perspectives automobiles. Vous trouverez ce qui suit dans ce numéro :

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Par : Brian Murphy, vice-président, recherche et rédaction, Canadian Black Book

« Puissiez-vous vivre en des temps intéressants », voilà un adage que j’ai toujours affectionné et dont on attribuerait l’origine à un sortilège chinois quelque peu sardonique. Cela dit, je pense qu’il s’applique bien à la situation que nous vivons aujourd’hui du côté des véhicules électriques (VÉ). Les temps sont vraiment très intéressants en ce qui concerne les VÉ.

J’ai choisi ce sujet ce mois-ci à la demande générale, il semble que les VÉ soient l’un des sujets les plus souvent abordés en rencontrant nos clients. Nous sommes nombreux, y compris moi-même, à être professionnellement très curieux à l’égard de l’avenir des transports en général. Nous croyons que VÉ et les véhicules électriques hybrides rechargeables (VÉHR) vont se multiplier dans les entrées de garage du pays, mais nous ne savons pas exactement quelle direction tout cela va prendre.

Qu’allons-nous possiblement voir d’ici quelques années? Je crois que les choses s’intègreront à la normale au fur et à mesure que les VÉ deviennent coutumières mettant ainsi fin à négativité entourant les VÉ. Les VÉ deviendront chose courante, une nouvelle normale électrique.

Certes, le nombre de VÉ et de VÉHR vendu aujourd’hui est encore limité. Par contre, vous serez peut-être surpris d’apprendre que le rythme de vente moyen cette année est légèrement inférieur à 4 000 unités par mois, ce qui représente une croissance beaucoup plus rapide des ventes cette année, pour la simple raison qu’il y a de plus en plus de produits électriques qui arrivent sur le marché, et que plus en plus de consommateurs commencent à en voir la valeur. Il est intéressant de noter que la disponibilité de nombreux VÉ est limitée par la capacité des usines, car les fabricants ne peuvent répondre à la demande, ce qui laisse supposer que les ventes pourraient être beaucoup plus élevées. Les clients font souvent face à des temps d’attente longs et incertains, un facteur qui décourage bien des clients.

Les premiers VÉ ont dû relever des défis importants au cours de nombreuses itérations, ce qui a nui à leur adoption par la population et leur a même valu une mauvaise réputation. Je compare ces premiers VÉ aux téléviseurs en noir et blanc d’autrefois, dont certains se souviennent peut-être. Bien sûr, il y avait une image à l’écran, mais l’expérience laissait fortement à désirer.

Je me souviens très bien il y a quelques années, lorsque j’avais un de ces VÉ « en noir et blanc » que le fabricant m’avait prêté. Chaque soir, avant d’aller me coucher, je repassais mes plans de voyage sur Google Maps pour déterminer si le VÉ allait se rendre ou non. La portée limitée (bien en deçà de 200 km) en faisait une très bonne deuxième voiture, mais un véhicule principal moyen, à condition bien sûr que le trajet soit raisonnablement court et prévisible. Les générations suivantes de VÉ parcourent bien au- delà de 200 km, allant parfois jusqu’à 400 km, l’autonomie étant ainsi moins préoccupante, en général.

Au cours de l’année, Canadian Black Book a mené des recherches avec IPSOS. L’étude a révélé que 26 % des Canadiens envisageaient d’acheter un VÉ, et que 21 % en envisageraient l’achat si le prix de l’essence continuait à monter. Le prix de l’essence ayant quelque peu baissé, la popularité des véhicules électriques n’a rien gagné. À présent que le prix de l’essence est retourné à des niveaux record, l’intérêt des consommateurs pour les VÉ et les VÉHR devrait s’en trouver « réélectrisé ».

Jusqu’ici, l’un des principaux inconvénients des VÉ c’est qu’ils n’ont pas réussi à conserver leur valeur de revente au fil du temps. D’après les données Canadian Black Book, parmi les cinq véhicules les moins performants au chapitre de la valeur retenue au Canada, trois d’entre eux sont des VÉ. Cette performance désolante et la baisse des valeurs résiduelles qui en résulte en rendent la location plus coûteuse pour les consommateurs.

Cela dit, je ne crois pas que les VÉ resteront longtemps derniers de classe. D’ici les 10 à 15 prochaines années, je m’attends à ce que les VÉ se rapprochent de la norme en termes de performance et de valeur retenue. La vitesse à laquelle tout cela va se produire dépend entièrement du comportement du consommateur. Les hybrides sont sur le marché depuis près de vingt ans, et jouent encore des coudes pour se faire une place.

Les consommateurs sont-ils prenants de la proposition de valeur des VÉ? Voilà la question! Les équipementiers investissent une part énorme de leurs budgets de développement de produits et convertissent des usines pour construire des VÉ, mais pour l’instant, ces activités restent spéculatives. Les gens paieront-ils plus cher pour un véhicule qui pourrait exiger des compromis au profit des avantages d’un avenir alimenté par piles?  Comment verront-ils les VÉ usagés plus tard dans leur cycle de vie, une fois que la capacité de la batterie aura fléchi?

Ce qui fait de moi un véritable optimiste concernant l’avenir des VÉ, ce sont les produits eux-mêmes. Chez Canadian Black Book, nous avons la chance d’évaluer de nombreux véhicules, souvent avant leur présentation en salle de montre, un avantage énorme pour nos prévisions de leurs valeurs résiduelles. Au volant d’un VÉ, on constate chaque fois leur amélioration comparativement aux premiers VÉ  du genre « télé en noir et blanc ». Nous n’en sommes pas arrivés à mon avis au stade de la télé haute définition à écran plat, mais nous approchons de la couleur à grande vitesse.

Nombres de nouveaux véhicules en témoignent. La Chevrolet Bolt est l’un des meilleurs exemples. Son prix est inférieur à 45 000 $ et elle peut parcourir 383 km par charge. Son expérience de conduite et sa technologie embarquée sont impressionnantes et conviviales. Du côté des voitures de luxe, on retrouve le nouveau VUS I-PACE de Jaguar, dont l’autonomie est similaire à celle de la Chevrolet, mais qui roule comme une Jaguar et simplement fantastique. Tesla construit et offre à présent des modèles 3 « abordables »  à un rythme impressionnant, malgré tout le tapage sur Twitter. Hyundai a lancé un Ioniq électrique et un Ioniq enfichable ainsi qu’une Kona au rayon d’action de 400 km. La Nissan Leaf, qui en est à sa deuxième génération, a une autonomie de plus de 240 km. La eGolf de Volkswagen est très agréable à conduire, peut parcourir 200 km et met en vedette la populaire plateforme Golf. Audi vient d’annoncer l’e-Tron, Mercedes-Benz l’EQC, Porsche s’apprête dit-on à faire une annonce très bientôt… et le progrès s’accélère.

On parle beaucoup des VÉ ces jours-ci, et l’époque de la télé en noir et blanc est de loin dépassée. Nous vivons en des temps intéressants.

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