LA VALEUR – Numéro 4: Dix facteurs qui comptent vraiment pour le marché des véhicules d’occasion au Canada

Bienvenue au Canadian Black Book – La valeur. Notre objectif est de fournir à nos clients et à nos partenaires des nouvelles, une mise à jour des événements, de nouvelles initiatives et l’opinion de la source de confiance du Canada pour les valeurs des véhicules et les perspectives automobiles. Vous trouverez ce qui suit dans ce numéro :

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Brian Murphy
Brian Murphy, VP Research & Editorial, Canadian Black Book

Par Brian Murphy

Lorsqu’on analyse l’industrie automobile d’aujourd’hui, on peut parler de toutes sortes de facteurs qui ont une influence sur toutes sortes de secteurs de l’industrie automobile au Canada. Cela dit, chez Canadian Black Book, on estime que cette longue liste peut se résumer à dix facteurs qui comptent vraiment et sont l’engrenage du marché des véhicules d’occasion au Canada.

Ces dix facteurs ont tous une incidence directe sur le prix actuel des véhicules (valeurs de gros), le prix futur des véhicules (valeurs résiduelles), et les profits potentiels de leur remise en marché. Ce que cela a à voir avec l’évaluation de notre avenir est une équation complexe de la façon dont ces dix « facteurs » interagissent entre eux.

Facteur no 1 – Le dollar canadien : Le dollar canadien a un effet marqué et immédiat sur la valeur des véhicules d’occasion à l’intérieur du pays. L’assouplissement du dollar est directement relié à l’augmentation de l’exportation des véhicules d’occasion aux États-Unis. Bien entendu, lorsque notre devise regagne du terrain sur l’argent américain, on constate une réduction marquée des exportations de véhicules d’occasion hors du Canada. Finalement, si le dollar se raffermit suffisamment et l’inventaire le permet, les véhicules d’occasion seront de nouveau importés en masse des États-Unis vers le Canada.

Entre en jeu « l’arbitrage économique », soit l’acte d’acheter une chose à bas prix dans un marché, puis de la revendre à un prix plus élevé dans un autre marché. En ce moment, la valeur du dollar canadien se chiffre à 0,77 $, la valeur la plus basse depuis juin 2017. Par exemple, un gros VUS qui se vendrait 42 500 $ au gros au Canada rapporte 54 500 $ aux États-Unis. Lorsque notre dollar est bas, il y a beaucoup d’argent à faire. Le taux de change est la clé qui détermine si le « flot d’exportation » est ouvert ou fermé.

Facteur no 2 – L’inventaire : L’inventaire de véhicules d’occasion aux États-Unis et au Canada joue un rôle important dans l’établissement des valeurs actuelles et futures. Le simple concept de l’offre et de la demande est réellement la génératrice des cycles de remarketing. En fait dernièrement, la demande a été forte, tandis que l’offre a été faible, entraînant une hausse des prix. En revanche, nous sommes sur le point de voir augmenter l’inventaire!

Entre 2013 et 2017, nous avons vu une moyenne de 225 000 unités par an en fin de bail de location retourner sur le marché. Ce chiffre devrait dépasser 400 000 entre 2019 et 2021. Nous ne prévoyons pas que la demande de véhicules d’occasion puisse rester à flot d’une telle offre, ce qui entraînera une baisse des prix.

Facteur no 3 – Pénétration du crédit-bail : Le crédit-bail est devenu l’usine de véhicules d’occasion du Canada. En tant qu’industrie, nous continuons à « fabriquer » de plus en plus de véhicules d’occasion. L’an dernier, environ 450 000 véhicules étaient en bail location, dont environ 400 000 aux consommateurs. Par conséquent, d’ici trois à quatre ans, nous aurons « fabriqué » ce nombre de véhicules d’occasion achetés par le bailleur, par le détaillant ou envoyés aux enchères puis achetés par un détaillant.

Pendant tout ce temps, nous vivons dans un environnement de ventes de voitures neuves record, ce qui mènera inévitablement à une offre de voitures d’occasion record. Mais à quel prix? À prix ​​plus bas? Oui!

Facteur no 4 – L’économie : Les ventes d’automobiles sont un indicateur avancé de l’économie, car il y a une relation directe entre le fléchissement des ventes et le ralentissement économique. Autrement dit, si l’avenir financier des consommateurs est incertain, ils reporteront à plus tard les gros achats.

À l’heure actuelle, le taux de chômage est au plus bas du siècle, associé à une confiance élevée des consommateurs et à une croissance étonnante du PIB. Si nous simplifions l’économie à feu vert, feu jaune, feu rouge, nous avons vraiment le… feu vert.

Facteur no 5 – Les tendances de la valeur retenue : Ce qui monte redescend souvent! Notre activité est cyclique et il est utile de comprendre où nous en sommes. De 2005 à 2009, le Canada a connu une forte baisse des valeurs retenues, en raison de facteurs économiques négatifs, d’un crédit-bail excessif et d’un dollar élevé (1,26 $ en mars 2009). En revanche, depuis la mi-2010, il y a eu hausse constante de la valeur des véhicules d’occasion. Lorsque les valeurs chutent, le crédit-bail est moins attrayant et les véhicules d’occasion deviennent plus recherchés et bien sûr, lorsque les valeurs augmentent, le crédit-bail regagne son attrait.

En moyenne, sur l’ensemble des segments au cours des sept dernières années, les valeurs ont augmenté de 3,7 %. Nous sommes d’avis que ce marché est sur le point de changer, principalement en raison de l’augmentation de l’offre.

Facteur no 6 – Les goûts des consommateurs : Les goûts des consommateurs sont l’un des principaux contributeurs à l’offre et à la demande. C’est cette force qui dicte les investissements des équipementiers dans de nouvelles gammes de produits, améliorant les gammes existantes et alimentant les mégas campagnes de marketing.

De nos jours, les goûts des consommateurs canadiens se sont éloignés des voitures avec seulement 32 % de part des ventes, et en baisse, alors que les ventes de camions et de VUS ont augmenté. Certains modèles de voitures vont bientôt disparaître. Les ventes de véhicules électriques augmentent, mais ne représentent encore qu’une infime partie du marché global et offrent de faibles valeurs résiduelles. Ces goûts ont un impact important sur la façon dont les véhicules se déprécient, plus le véhicule est attrayant, plus la rétention de valeur est avantageuse!

Facteur no 7 – Les voitures de location : Dix pour cent des véhicules du marché (200 000) sont de véhicules de location, et une autre grande source de véhicules d’occasion. En fait, environ vingt modèles seulement forment plus de 33 % des flottes de voitures de location. En règle générale, ces modèles ne remportent pas les prix de la meilleure valeur retenue du Canadian Black Book et sont donc difficiles d’offrir en location aux consommateurs. Les équipementiers ciblent les fournisseurs de véhicules de location, réduisant leur valeur de revente, et le cycle se répète.

Facteur no 8 – Les incitatifs des véhicules neufs : Bien que positifs pour les acheteurs de voitures neuves, les incitatifs ne sont pas toujours une bonne chose. Les incitatifs qui persistent pendant plusieurs mois, en particulier les incitatifs financiers importants, influencent négativement les valeurs de revente. Disons qu’un véhicule neuf de 60 000 $ est offert à 25 % de rabais, dès le départ, sa valeur de revente est de 15 000 $ inférieur à la normale. D’autre part, ces programmes peuvent maintenir les consommateurs en position d’équité négative plus longtemps, pouvant placer la demande à un prix inférieur.

Facteur no 9 – La qualité du produit. Chez Canadian Black Book, nous évaluons plus de quatre-vingt-dix véhicules par année. Nous en faisons donc l’essai tout comme un acheteur de voiture neuve le ferait. Notre objectif est de déterminer si le véhicule est concurrentiel sur le marché aujourd’hui; qui sont ses concurrents réels et sont-ils mieux ou pire?; et comment est-il évalué? Une chose que nous savons, c’est que si le véhicule n’est pas concurrentiel aujourd’hui, il ne le sera certainement pas dans trois ou quatre ans lorsqu’il sera remis sur le marché en tant que véhicule d’occasion. En général, à notre avis, huit sur dix des véhicules dont nous faisons l’essai sont plutôt bons. Ce qui signifie que les véhicules les « moins bons » sont plus risqués en ce qui concerne la valeur résiduelle, pour le bailleur

Facteur no 10 – La nouvelle technologie : Le marché reste sceptique à l’égard de la valeur de la technologie. Que vaudra une technologie donnée dans cinq ans? Souvent, la réponse est zéro, car elle pourrait être obsolète, être offerte en équipement standard, ou accuser une baisse de valeur pour cette technologie particulière (pensez aux lecteurs de DVD). La technologie d’un véhicule neuf est rentable pour les OEM, mais les revendeurs auront du mal à récupérer une valeur importante pour toutes sortes de nouvelles fonctionnalités haute technologie.

Comprendre ou expliquer la dynamique et les tendances des valeurs des véhicules d’occasion est loin d’être simple. On pourrait la fonder sur tout un éventail de facteurs économiques, politiques, sociaux et culturels. Mais, au bout du compte, ces dix « facteurs » ont tous un impact direct et peuvent offrir la base d’information qui compte vraiment, en ce qui concerne la valeur des véhicules d’occasion au Canada.

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