LA VALEUR – Numéro 1 : L’influence des ouragans sur la valeur des véhicules d’occasion au Canada

Bienvenue au premier numéro du bulletin Canadian Black Book – La valeur. Notre objectif est de fournir à nos clients et à nos partenaires des nouvelles, une mise à jour des événements, de nouvelles initiatives et l’opinion de la source de confiance du Canada pour les valeurs des véhicules et les perspectives automobiles. Vous trouverez ce qui suit dans ce numéro :

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Eaux montantes, prix montants

Par Brian Murphy, vice-président, Recherche et rédaction, Canadian Black Book

J’ai récemment parlé de la hausse des taux d’intérêt et de la récente escalade du dollar canadien au-dessus du plateau de 80 cents. Au moment de la rédaction de cet article, notre dollar a fait marche arrière juste en dessous de ce plateau. Avec des rumeurs de taux d’intérêt plus élevés à l’horizon, je m’attends à ce qu’il regagne du terrain.

À titre de rappel, avec la hausse des taux d’intérêt et le raffermissement du dollar, Canadian Black Book prévoit que les prix de gros et conséquemment le prix des véhicules d’occasion au détail seront soumis à des pressions à la baisse. Cette situation est surtout attribuable à l’exportation de véhicules canadiens rendue possible par la dévalorisation du dollar canadien et la baisse des prix au Canada au cours des dernières années. L’élévation du dollar canadien signifie que les voitures d’occasion canadiennes sont moins attrayantes pour les exportateurs des États-Unis. La demande est donc plus faible et des prix plus bas lorsque ces exportations ralentissent.

Tout cela peut sembler d’une grande simplicité, mais la saison des ouragans de 2017 est venue s’installer. Les ouragans Harvey et Irma ont tous deux eu un effet incroyablement destructeur sur la nature. Irma a été la tempête la plus forte de l’Atlantique, à l’exclusion du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes. Harvey a déversé plus de 1,6 mètre de pluie au Texas, soit le total de précipitations le plus élevé de tous les cyclones tropicaux aux États-Unis. Les pertes en vies humaines et les dégâts matériels ont été consternants, et le nettoyage prendra des années et des années.

Lorsque des tempêtes d’une telle intensité assiègent la terre, l’une des conséquences est la destruction massive de véhicules de tous types. Les dommages sont généralement causés par des inondations ou des vents violents et la projection de débris. Les sociétés d’assurance et les propriétaires de véhicules n’ont pas encore fini de soumettre leurs réclamations et de procéder aux démarches pour réparer ou remplacer leurs véhicules. À ce stade, il est très difficile de savoir vraiment combien de véhicules ont été détruits.

Si l’ouragan Harvey avait eu pour intention de détruire des véhicules, il n’aurait pas pu choisir de meilleure cible que Houston, Texas. Houston est une région métropolitaine tentaculaire comptant un taux élevé de propriétaires de véhicules. Le comté de Harris (qui inclut Houston) compte à lui seul 3,6 millions de véhicules immatriculés. Pour tenir les choses en perspective, ce chiffre représente un dixième du nombre de voitures immatriculées dans tout le Canada. Cela se rapproche donc beaucoup du nombre immatriculé de la Colombie-Britannique. Statistiquement, à Houston, le ménage moyen possède un peu moins que deux voitures.

L’estimation initiale du nombre de véhicules détruits reste encore imprécise. Dans l’ensemble, entre 500 000 et 1 000 000 véhicules ont été déclarés détruits, rien que dans le cas de Harvey. Comme il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation, bien des véhicules sont restés stationnés dans les entrées pendant le pire de la tempête. Dans le cas des véhicules laissés dans des zones particulièrement basses, il est peu probable qu’ils aient survécu. Les véhicules modernes avec toutes leurs composantes électroniques et leur ordinateur de bord ne font généralement pas bon ménage avec la montée des eaux.

Quinze jours à peine après Harvey, Irma a assiégé la Floride. L’histoire s’est répétée, avec Irma laissant dans son sillage 200 000 à 400 000 véhicules détruits.

Il faudra plusieurs mois pour les experts en sinistres, rien que pour examiner chaque véhicule et déterminer s’il peut être réparé ou si c’est d’une perte totale. Compte tenu de l’étendue des inondations et de la hauteur des eaux, il n’y aura probablement pas beaucoup de survivants.

D’après JP Morgan, les dégâts d’assurance causés par Irma se chiffrent entre 20 et 40 milliards de dollars.

Qu’est-ce que cela a à voir avec l’industrie automobile au Canada? En réalité, beaucoup. Il est important de noter qu’avant la saison des ouragans, les prix sur le marché américain étaient à la baisse, rendant moins attirante la chasse aux aubaines ici au Canada. Mes collègues de Black Book aux États-Unis ont observé une baisse constante des prix, mois sur mois; une moyenne de près de 5 % cette année jusqu’ici. Tout cela est en grande partie le résultat d’un boom de l’approvisionnement aux États-Unis. Près d’un demi-million de véhicules de plus que l’an dernier arrivent à la fin de leur bail de location cette année aux États-Unis, une tendance qu’on prévoit voir se poursuivre l’année prochaine.

Sans le déchaînement des ouragans, la tendance à la baisse des prix au Canada était une certitude. Avec la destruction possible de plus d’un million de véhicules, le Canada est une bonne source d’approvisionnement pour tous les véhicules de remplacement nécessaires à nos voisins du sud. Avec cette hausse marquée de la demande, dans un temps très court, nos prix au pays devraient maintenir leur force, du moins temporairement. On s’attend à ce que ce phénomène soit de courte durée et qu’il disparaîtra d’ici quelques mois. Les ouragans, avec une brutalité certaine, ont temporairement soutenu le prix des véhicules d’occasion canadiens, mais cela ne durera pas. Pour ceux de vous qui faites affaire dans le domaine de l’achat de véhicules, soyez prudent en gardant l’oeil ouvert sur tout ce qui a été immatriculé en Floride ou au Texas, et assurez-vous d’agir en « acheteur averti »!

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